Notre SEMOY fait parler d’elle. Elle a parfois des caprices ou des humeurs maussades…
Par grand froid, on la voit d’abord charrier de petits glaçons faits de glace assez friable, légère, chuchotante. Puis ces glaçons,(les « BETTES »), s’accumulent dans les zones à faibles courants ou dans les méandres qu’ils encombrent peu à peu.
Ensuite ils finissent par se souder ou se chevaucher, forment des barrages et ralentissent progressivement le cours de la rivière, favorisant alors le gel en surface, là où les eaux stagnent.
Mais d’où viennent ces bettes ? C’est au fond de la Semoy qu’elles se forment, grande particularité de la rivière, puis au moindre rayon du soleil matinal, elles se détachent et viennent fleurir la surface avec, à chaque fois, un petit bruit caractéristique. Les fins observateurs sont formels, c’est ainsi, envers et contre la logique cartésienne selon laquelle, en période de gel, l’eau d’un cours d’eau est toujours plus froide en surface qu’en profondeur.
Etrange Semoy ! En fait elle est pleine de sources de fond, des sources faciles à reconnaître lorsqu’en été on marche les pieds nus dans la rivière afin d’y repérer les endroits chers aux truites (justement ces courants d’eau plus froide). Ces sources joueraient-elles un rôle dans la formation des bettes ?
Nous l’ignorons et notre « Encyclopedia Universalis » affirme la formation possible de glace « contre le fond » dans « certaines rivières turbulentes » et la remontée de cette glace, ensuite en surface.
Ce sont sans doute des causes géologiques et physiques qui classent ainsi notre rivière parmi les autres, très rares en Europe, connues pour des caractéristiques semblables et dont le phénomène le plus curieux reste celui des débâcles de glace.
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